Hillary Clinton en route vers la Maison Blanche ?

Une popularité qui décline mais qui reste élevée

Hillary Clinton part dans la course à la Maison Blanche avec un avantage considérable : elle est aujourd’hui le responsable politique le plus populaire des États-Unis. Avec 50% d’opinions favorables, elle devance Barack Obama (48%) ainsi que le Vice-Président Joe Biden (43%), mais aussi les principaux leaders républicains : l’ancien Gouverneur de Floride Jeb Bush (36% d’opinions favorables), le libertarien Rand Paul (33%), le centriste Chris Christie (30%) ou le Gouverneur du Wisconsin Scott Walker (28%). Enfin, l’ancienne First Lady domine largement ses éventuels rivaux à l’investiture démocrate : l’icone de la gauche du parti et Sénatrice du Massachussetts Elizabeth Warren n’est accueillie favorablement que par 26% des Américains.

L’opinion à l’égard des principaux responsables politiques

La popularité d’Hillary Clinton, à son zénith entre 2009 et 2012, années pendant lesquelles elle était Secrétaire d’État, a décliné récemment : elle a perdu 20 points en 2 ans selon le baromètre Gallup. Une baisse brutale qui s’explique par le caractère apolitique du poste de Secrétaire d’État, les spéculations autour de sa candidature ayant réactivé l’opposition des républicains. Les électeurs démocrates restent en revanche massivement attachés à sa personne : 83% en ont une bonne opinion. A noter que la récente polémique autour de l’utilisation de son e-mail personnel alors qu’elle dirigeait la diplomatie américaine n’a pas eu d’impact sur l’opinion.

 

Un leader fort et efficace

Cette image positive s’appuie sur certains traits de personnalité qui font à la fois écho aux faiblesses prêtées à Barack Obama, souvent jugé hésitant et faible face au Congrès, et aux républicains, divisés et incapables de faire des proposition crédibles. Pour les Américains, Hillary Clinton est avant tout un leader « fort et décidé » (58%), capable de « gérer efficacement le gouvernement » (55%), deux qualités appréciées en temps de crise économique et de difficultés à l’international. Par ailleurs, le fait d’élire une femme à la tête de la première puissance mondiale est une source de motivation pour une grande partie de l’électorat, et notamment pour les électrices : 57% des sondés disent qu’ils seraient « fiers » de l’avoir comme Présidente, et même 64% chez les femmes.

Par ailleurs, l’ancienne First Lady est perçue comme relativement proche et à l’écoute des électeurs : 56% estiment qu’elle « se préoccupe des besoins et des problèmes » des Américains, et 47% pensent qu’elle « comprend » ces besoins et ces problèmes. Enfin, malgré son âge (67 ans), Hillary Clinton ne renvoie pas aux électeurs une image passéiste ou dépassés : 55% pensent qu’elle a « de nouvelles idées pour améliorer le futur du pays ».

Son plus grand handicap réside dans la perception d’un comportement, généralement qualifié d’intéressé et de calculateur par les médias et par les commentateurs conservateurs. Dans ce contexte, seule une minorité (42%) la juge « honnête et fiable ». Par ailleurs, 38% des Américains pensent qu’elle serait « prête à dire ou faire tout ce qui lui permettra d’être élue ».

Des primaires démocrates qui s’annoncent plus faciles qu’en 2008

Débutant dès janvier 2016 dans l’Iowa, les primaires démocrates s’annoncent comme une formalité pour Hillary Clinton. Les sondages successifs lui donnent entre 60% et 70% des intentions de vote, aussi bien au niveau national que dans les Etats clefs qui voteront en premier (Iowa, New Hampshire, Caroline du Sud).

Parmi ses adversaires démocrates, seuls Joe Biden et Elizabeth Warren, qui n’ont pour l’instant pas fait acte de candidature, tutoient la barre des 10% dans certaines enquêtes. Quant aux candidats qui ont annoncé plus ou moins précisément leur intention de se présenter (le Gouverneur du Maryland Martin O’Malley, le Sénateur du Vermont Bernie Sanders ou l’ancien Sénateur de Virginie Jim Webb), ils restent quasiment inconnus du grand public et ne parviennent pas à dépasser les 5%.

Pour Hillary Clinton, la campagne est clairement mieux engagée qu’en 2008. A l’époque, elle dominait le camp démocrate, mais avec une avance nettement réduite puisqu’elle recueillait 35% à 40% des intentions de vote au niveau national. De plus, ses principaux adversaires potentiels (Al Gore) ou avérés (Barack Obama, John Edwards) bénéficiaient d’une toute autre stature que ceux susceptibles de l’affronter aujourd’hui.

Les swing states penchent en faveur de Hillary Clinton

A plus d’un an et demi du scrutin, Hillary Clinton dispose d’une solide avance sur ses principaux leaders républicains susceptibles de se présenter, selon la plupart des sondages. Au niveau national, les enquêtes les plus récentes lui donnent entre 3 et 9 points d’avance sur ses opposants.

Surtout, sa popularité auprès de l’électorat populaire et des hispaniques lui permet de nettement dominer ses adversaires républicains dans certains États qui faisaient figure de swing states ces dernières années (Floride, Ohio, Virginie). Elle pourrait même la conduire à faire basculer dans le camp démocrate certains États traditionnellement républicains, comme l’Arizona , le Kentucky ou l’Arkansas, dont Bill Clinton fut Gouverneur dans les années 1980.

Reste que ces enquêtes, à un an et demi du scrutin, n’ont qu’une valeur très relative. Plus encore que le nom du candidat républicain, c’est la situation de l’économie du pays qui décidera les Américains à reconduire les démocrates à la Maison Blanche, ou au contraire à préférer un retour au pouvoir des républicains.

Les sondages par États

Sources : ORC/CNN, 15 mars. SSRS/CBS News, 24 mars. Abt-SRBI/Washington Post-ABC News, 29 mars. YouGov/The Economist, 30 mars. Public Policy Polling, 31 mars. Gallup, 4 avril.

 

 

13 avril 2015 / Études
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