Les Français sont-ils toujours aussi passionnés par les livres ?

La lecture, un loisir apprécié et particulièrement valorisé par les Français

Si le marché du livre est aujourd’hui en difficulté, la lecture reste un loisir particulièrement apprécié et 4 Français sur 5 déclarent aimer cette activité, un goût encore plus prononcé chez les femmes (88%). Dans ce contexte, 90% déclarent spontanément avoir lu au moins un livre dans l’année écoulée, les lecteurs français dévorant en moyenne entre 14 et 16 ouvrages par an selon les enquêtes. Cette activité est par ailleurs ancrée dans le quotidien d’un Français sur deux affirmant se plonger dans un livre tous les jours ou presque. Cet appétit quotidien pour la littérature demeure toutefois très lié à l’âge des lecteurs, variant de 35% pour les moins de 25 ans à 66% pour les plus de 65 ans. Cet écart générationnel témoigne de l’importance du temps disponible pour se consacrer à la lecture, 57% des Français estimant qu’ils n’ont pas assez de temps à dédier à cette activité, notamment les jeunes actifs de moins de 35 ans (71%).

Alimentant cet intérêt, la littérature reste sur un piédestal en termes d’intérêt intellectuel. Au pays d’Hugo et de Zola, la  lecture d’un livre est ainsi toujours considérée comme l’activité ayant la plus grande valeur culturelle (32%) avec le fait d’aller au musée (31%), devançant nettement  les concerts et les spectacles (8%). L’approfondissement des connaissances et l’ouverture d’esprit ressortent ainsi comme les deux premiers avantages que les Français retirent de la lecture, devançant très légèrement la notion de plaisir  (Cf. graphique ci-dessous).

Avantages perçus à la lecture

Dans ce contexte, les livres pratiques sur l’art de vivre (55%), les livres d’histoire (46%) ou encore les dictionnaires (43%)  restent parmi les ouvrages les plus lus. S’agissant des genres qu’ils préfèrent, les Français mettent plutôt en avant les romans policiers (45%) devant les biographies et les livres historiques (32%). En ce sens, les Français saluent particulièrement les maîtres du suspense de la littérature anglo-saxonne comme Agatha Christie,  Stephen King ou Mary Higgins Clark, désignés dans cet ordre comme les trois écrivains étrangers préférés des Français.

Dans cette période marquée par la menace terroriste, le livre est également un moyen pour les Français de se réapproprier et de réaffirmer la tradition hexagonale d’ouverture culturelle et de tolérance,  comme en témoigne la vente de plus de 120 000 exemplaires du  Traité sur la tolérance  de Voltaire suite aux attentats du 11 janvier. Un essai érigé comme symbole de résistance tout comme le roman d’E. Hemingway « Paris est une fête », en tête des commandes de livres sur Amazon dans les jours suivant l’attaque du Bataclan.

Un goût pour la lecture qui se construit dès l’enfance

Alors que 78% des parents d’élèves estiment que lire des histoires aux enfants est le meilleur moyen de leur donner goût à la lecture, l’influence du milieu originel semble en effet déterminante sur l’attrait pour la lecture une fois adulte. Parmi les  Français affirmant  que la lecture tenait une place très importante dans leur famille (26%), 45% sont devenus de grands lecteurs, lisant plus de 20 livres par an (contre 28% au global). A l’inverse, sur les 10% de la population dont l’enfance s’est déroulée dans des lieux vides de livres, 39% ne lisent pas (contre 10% sur le total de la population française). L’aspect déterminant des lectures d’enfance et d’adolescence ressort également lorsque les Français sont interrogés sur leurs auteurs français préférés. Les grands classiques « scolaires » comme Marcel Pagnol, Victor Hugo, Émile Zola ou encore Jules Vernes ressortent ainsi en tête de  classement, ces derniers devançant nettement  les vendeurs de best-sellers actuels comme Marc Lévy et Guillaume Musso (Cf. graphique ci-dessous).  

Écrivains français préférés des Français

Malgré un monde toujours plus connecté, l’attachement au livre papier demeure très fort

A l’heure où le numérique occupe une place grandissante dans notre quotidien, les Français restent  toujours très attachés au lien physique qu’ils entretiennent avec les livres. Alors que les ventes d’ouvrages numériques ne progressent que très lentement, les données d’opinion confirment cette tendance. Seuls 27% estiment en effet que le livre numérique supplantera le livre papier dans les prochaines années alors qu’ils étaient 39% à faire ce constat en 2011.

Si 19% déclarent avoir lu un livre numérique au cours de l’année écoulée, cette lecture semble s’inscrire davantage comme un complément au format papier plutôt que de s’y substituer et seul 1% déclare aujourd’hui lire exclusivement sur support numérique. Dans ce contexte, les Français restent également attachés à la possibilité de choisir eux-mêmes les livres sur les rayonnages. Les librairies et les grandes surfaces culturelles restent alors les deux lieux privilégiés pour se procurer des ouvrages (respectivement 75% et 73%), devançant encore nettement les sites internet de vente en ligne (38%).

Sources :

BVA/Domeo, Les Français et la lecture, Juillet 2015

BVA/Presse régionale, Les Français et la lecture, octobre 2016

Ipsos/CNL, Les Français et la lecture, mars 2015

IFOP/Dimanche Ouest France, Les Français et les livres, mars 2016

13 janvier 2017 / Études
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