Monsieur le Maire reste une figure pour des Français toujours aussi attachés à leur commune

Le maire demeure l’acteur public le plus apprécié des Français

Figure emblématique de chacune des communes de France, le maire reste aujourd’hui le seul acteur de la vie publique auquel les Français accordent toujours très majoritairement leur confiance (64%).  Les Français valorisent ainsi particulièrement cet élu de terrain alors que la confiance dans les autres représentants s’étiole au fur et à mesure que la proximité s’éloigne. En comparaison, seuls 49% font aujourd’hui confiance à leur conseiller départemental, 45% à leur député et seulement 30% à leur député européen  (Cf. diagramme ci-dessous)

Au-delà de la figure de l’édile, les Français valorisent toujours largement  la sphère communale. 73% revendiquent ainsi un attachement  fort voire très fort à leur commune quand seulement 56% en disent de même pour leur département et 49% pour leur région (Cf. graphique ci-dessous).

Sur une échelle de 0 à 10, où 0 signifie aucun attachement et 10 signifie énormément d’attachement, dites pour chaque type de collectivité quel est votre niveau d’attachement

 

Surtout, ce tropisme communal ne semble pas soumis aux différents clivages socio-démographiques qui traversent la société française. L’idée que l’attachement à la commune se cantonnerait  aux personnes âgées et aux zones rurales est en effet fausse. Si 80% des plus de 65 ans et 75% des Français habitant des petites communes manifestent un fort attachement à leur ville ou village, il en est de même d’une très large majorité des moins de 35 ans (67%) et des habitants des grandes villes (71%). L’attachement à cet échelon de gouvernance est également très fort dans toutes les classes sociales, qu’il s’agisse des catégories populaires (72% chez les ouvriers), des professions intermédiaires (71%) ou des cadres supérieurs (69%). Une population pourtant parfois dépeinte à tort comme peu concernée par ces questions très locales.    

Les Français adhèrent à l’intercommunalité à condition qu’elle ne se fasse pas au détriment des communes

Conscients de la nécessité de fusionner les moyens pour gagner en efficacité et faire baisser les coûts, 74% des Français estiment que l’intercommunalité est une bonne chose pour leur commune. Plus précisément, 85% considèrent qu’elle permet de mettre en commun les moyens des communes autour d’un projet cohérent, 80% qu’elle offre de nouveaux services aux habitants ou encore 65% qu’elle permet de renforcer la solidarité financière entre communes riches et communes pauvres.

Question très sensible, ses nouvelles structures sont toutefois suspectées d’alimenter une hausse de la fiscalité (73%) et de complexifier la gestion locale (69%). Dans ce contexte, pour qu’il soit accepté par les citoyens, le développement de l’intercommunalité  doit clairement se faire dans l’optique de donner plus de poids à chaque commune. Dans une enquête menée par l’IFOP en 2006, 77% des Français déclaraient ainsi que l’intercommunalité devait avoir pour objectif à l’avenir de renforcer les communes et de garantir leur pérennité contre seulement 23% de les remplacer peu à peu. 10 ans après, ce constat demeure et, alors que 59% estiment aujourd’hui que l’intercommunalité tend à éloigner les élus du terrain, seuls 12% souhaitent que les communes disparaissent au profit de ces nouvelles entités.

Sources utilisées :

OpinionWay/Cevipof, Baromètre de la confiance en politique, décembre 2016

Ipsos/AMF-Cevipof, L'attachement des Français à leurs collectivités territoriales et l’avenir de la commune, avril 2016

IFOP/ADCF, Les Français et l’intercommunalité, septembre 2006

IFOP/ADCF, Les Français et l’intercommunalité, septembre 2013

30 mars 2017 / Études
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